Les mots


cette image ne m'appartient pas




De nombreuses fois j’ai cette envie d’écrire, de raconter, d’expliquer, de témoigner. De nombreuses fois je commence quelque chose, j’écris quelques bribes par-ci par là, sur un bout de papier, dans un carnet que j’ajoute dans mon tiroir à carnets ou bien en tapant quelques mots, quelques lignes sur mon ordinateur. Peut-être qu’encore une fois, ces lignes-ci n’auront pas de suite, elles resteront en suspend et ne seront sûrement jamais lues. 


Plus qu’une envie je sens que c’est un besoin, comme des mots qui s’entassent dans mon esprit, dans ma gorge, ne souhaitant que sortir et que je retiens parfois trop longtemps, si longtemps qu’ils deviennent pauvres de sens, ils perdent leur couleur et leur signification, alors je ne sais même plus pourquoi ils étaient là et ne comprends plus le sens de mes pensées. Ces mots sombrent doucement dans l’abîme de mon inconscient mais ne disparaissent jamais vraiment. Ils attendent patiemment, pour une durée indéterminée et réapparaissent lorsque le moment est propice à l’étalement de pensées.  
Ils souhaitent décrire des sentiments, des sensations, des moments de pur bonheur et de pure tristesse, des douleurs passées, présentes, des peurs à venir. Enjoliver des histoires, des scénarios impossibles et des rêves, épuiser de leurs adjectifs des instants si chers m’ayant touchés, marqués pour le reste de mes jours. 
Ces mots sont puissants, parfois destructeurs, intenses, comme des lames aiguisées, des couteaux prêts à se planter et infliger des souffrances atroces. Une torture pour l’auteur et le lecteur, qui ravive les plaies que je pensais fermées, les cicatrices que je pensais cicatrisées. C’est de l’auto-flagellation, inhumain, impensable, dur. Pire qu’une douleur physique, interminable, une flamme du passé qui ne cesse de se raviver.  
Mais ils savent se trouver doux et agréables quand le temps des peines s’apaise. Telle une caresse sur la joue, remplie de tendresse et d’amour. Ces mots remplacent les gestes absents, ils murmurent, chuchotent à l’oreille du lecteur les phrases dont il rêve qu’une personne lui déclare un jour. Ces mots sont une danse, une mélodie, ils s’harmonisent autour d’une personne, d’un paysage ou d’un instant si cher et deviennent poésie, beauté. Ils amplifient les détails, les caractères, nous font tomber amoureux d’un personnage irréel que le cerveau s’amuse à inventer. 
Les mots sont des pansements aux heurts de la vie, des autres, ils soulagent l’écrivain comme celui qui cherche refuge en eux pour calmer la tempête, le tourment. 
Des mots qui redonnent espoir aux désespérés, qui inspirent la paix et la révolte. Qui relèvent la tête, remettent sur pieds et font avancer les individus vers le beau. 
Ce sont ces mots que je veux écrire, qui me font vibrer et redonner confiance, en moi, en la beauté simple des petites choses. 

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