Réveille toi. Révèle toi.
Chasser le naturel, il revient au galop.
Cette phrase, quand j'y pense, je l'ai longtemps vu de manière négative. A chaque fois que je l'entendais elle décrivait des individus vils, mauvais, prétendants être des gens bien mais qui s'avéraient être de grands escrocs.
Mais elle décrit tellement mieux ces bonnes personnes agissant comme des escrocs.
C'est le constat que je fais aujourd'hui en observant tous ces "influenceurs", jouant un rôle. Mais aussi des personnes que je connais, me poussant à vouloir leur crier d'arrêter, que je vois clair dans leur petit jeu et que ce n'est pas eux, mais qui suis-je pour me le permettre ?
Ce constat, encore plus poussé me ramène à moi-même (encore et toujours). Surtout durant cette période d'adolescence où nous sommes submergés par le regard des autres. Recherchant de la reconnaissance et nous cherchant nous-même parmi cette masse d'individus perdus dans ce monde où tellement de questions nous dépassent et nous étouffent.
Combien de fois ai-je agis, ou bien dis des paroles insensées, ces mots qui ne me ressemblent pas. Probablement souvent dans un soucis de me faire bien voir, appréciée, aimée. De ne pas sembler rabat-joie et me donner un genre que les personnes autour de moi apprécieront... à ce moment là je me sens bien, poussée des ailes, fière de ce que je représente aux yeux de mon entourage. Car je veux que les autres soient fiers d'être autour de moi. Mais ce "moi" ne l'est pas en réalité, il n'existe pas, ce n'est qu'une illusion, une mise en scène.
Et quand tard le soir ou tôt le matin, je me retrouve seule face à moi-même, j'ai honte. Je me révèle dans ma solitude et me rend petit à petit compte que ma plus grande peur serait celle ne pas être aimée telle que je suis. Non c'est sûr, cette peur est réelle et intense. Je ne veux pas être détestée, moquée, mise de côté, alors je me cache parfois derrière des improvisations de rôles mal interprétés.
Mais chasser le naturel, il revient au galop.
Et vient forcément ce moment où tout s'arrête, le compteur se remet à zéro. Plus j'avance dans les années, plus cet instant arrive rapidement et un jour alors je la gagnerai cette confiance en moi d'assumer mon caractère, mon unicité et enfin m'avouer que bien évidemment personne ne me ressemble et que je ne pourrais jamais ressembler à personne. Difficile dans un monde où je croise des sosies à chaque coin de rue et sur les réseaux sociaux.
Ô mais combien il est grisant que de ne pas être comme tout le monde.
J'en reviens toujours à cette société qui nous pousse à agir de telle manière car c'est elle qui nous a éduqué, formé et nous avons bêtement suivi le mouvement. Accepter les personnes autour de nous, avec leurs plus grandes souffrances, leurs défauts, leurs goûts et leurs envies est la chose que je m'efforce de faire, concrètement ce n'est pas évident. Je me dis que si nous faisons tous cet effort d'accepter cela alors c'est un petit pas qui nous permettra peut-être de nous dire que la perfection n'existe pas.
Réveille toi. Révèle toi.
Je sais que j'ai mis longtemps à voir qu'insulter l'autre, c'est avant tout s'humilier soi-même : par le mépris qu'on s'inspire après coup.
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